Apprenons dans cet article les bases de la grammaire japonaise. 

Je sais que la simple mention du mot « grammaire » peut suffir pour vous faire transpirer et peut-être vous remémorer de mauvais souvenirs de vos anciens cours de langue à l’école. Mais pas de panique, nous allons voir ici un aperçu des bases de la grammaire japonaise en utilisant des exemples simples à comprendre. Apprenez la grammaire japonaise rapidement !

Comparons tout d’abord l’ordre des phrases en français et en japonais :

L'ordre des phrases

L'ordre des phrases en français :

SUJET + VERBE + OBJET
JE + MANGE + UNE POMME

  • Le sujet, ou celui qui fait l’action, est « je ». 
  • Le verbe, ou l’action, est ici « manger ». 
  • L’objet, ou celui qui « reçoit » l’action, est la « pomme ».

Il s’agit d’un exemple de phrase d’une langue SVO, comme le français.

Le japonais est un peu différent du français à cet égard. Le japonais est ce qu’on appelle une langue SOVCela signifie que le sujet vient en premier, suivi de l’objet, puis du verbe. Ainsi, dans notre exemple précédent, « Je mange une pomme » en français, devient « Je une pomme manger » lorsqu’il est mis dans l’ordre japonais SOV.

L'odre des phrases en japonais :

SUJET + OBJET + VERBE 
JE + UNE POMME + MANGE

C’est l’une des plus grandes différences entre la grammaire française et japonaise et l’un des aspects les plus importants à garder en tête !

Caractéristiques de la langue japonaise

Regardons maintenant certaines caractéristiques du japonais en les comparant au français.

Le temps des verbes en japonais :

Commençons par le temps des verbes en japonais. 

Les temps verbaux sont ce que nous utilisons en français pour désigner le temps passé, présent ou encore futur.  Il existe une multitude de temps verbaux en français, n’est-ce-pas ? Pensez au passé composé, au passé de l’indicatif, au futur, à l’imparfait etc…

En japonais, par contre, il n’existe que deux temps ! Et oui ! Il s’agit du passé et du présent.

Voici un exemple d’une phrase au présent : 

スーパーに行きますsūpā ni ikimasu

« Je vais au supermarché. »

Alors, comment pouvons-nous modifier cette phrase au futur ? Facile ! Il suffit simplement d’ajouter un mot qui indique un certain temps dans le futur : 

(明日/来週) スーパーに行きます(ashita / raishuu) sūpā ni ikimasu

« J’irai au supermarché demain / la semaine prochaine. »

Et voilà ! En ajoutant un adverbe de temps comme « demain » ou « la semaine prochaine » qui indique un moment dans le futur, nous avons transformé notre présent en futur, sans même avoir changé le verbe. Facile, non ?

Conjugaison des verbes en japonais :

Comme vous le savez pour le français, et de même si vous avez déjà étudié une langue romane, vous savez à quel point les exceptions sont courantes lorsqu’il s’agit de conjuguer des verbes.

Contrairement à nous, en japonais il n’existe que 2 verbes qui se conjuguent irrégulièrement ! Les autres verbes suivent les mêmes schémas, ils sont donc faciles à comprendre !

Les verbes japonais sont divisés en trois groupes différents selon la façon dont ils se conjuguent, que nous appellerons groupe 1, groupe 2 et groupe 3 plus tard.

Une même conjugaison qu'importe le sujet :

En français et dans de nombreuses autres langues, les verbes se conjuguent selon qui fait l’action ; par exemple, « je vais » est différent de « il va ». 

Cependant, en japonais, peu importe qui fait l’action : la conjugaison du verbe ne changera pas !

Regardons quelques exemples afin de vraiment apprécier cet avantage du japonais. 

Tout d’abord, notez que le verbe « aller » est « 行きます » (ikimasu) en japonais.

私は学校に行きます
watashi wa gakkō ni ikimasu

« Je vais à l’école. »

彼は学校に行きます
kare wa gakkō ni ikimasu

« Il va à l’école. »

あなた達は学校に行きます
anata-tachi wa gakkō ni ikimasu

«Vous allez à l’école.»

Jetez donc un œil au verbe ikimasu : il ne change pas ! 

Le sujet n’a donc aucun effet sur le verbe conjugué. Super, non ?

Le singulier et le pluriel en japonais :

Vous vous souvenez avoir appris tous pleins de règles compliquées pour former des phrases au pluriel en français lorsque vous étiez à l’école primaire ? 

Et bien désormais, pensez à ceci : les mots japonais ne changent presque jamais pour refléter le pluriel.

Ainsi, « ネズミ » (nezumi), le mot pour souris, peut désigner à la fois une ou dix souris ! 

Pareil pour le mot « りんご » (ringo) qui peut à la fois dire « une pomme » ou « sept pommes ».

Poser des questions en japonais :

Réfléchissez un instant à la façon dont vous posez des questions en français. 

Vous devez changer l’ordre de la phrase ! Voici un exemple :

« Il est étudiant » devient : « Est-il étudiant ? »

En japonais, il est extrêmement facile de créer des questions. 

En ajoutant simplement la particule « か » (ka) à la fin d’une phrase, vous pouvez en faire une question ! 

Jetons un coup d’œil à l’équivalent japonais de la phrase ci-dessus :

彼は学生です。 →  彼は学生です
kare wa gakusei desu → kare wa gakusei desu ka

« Il est un étudiant ». → « Est-il étudiant ? »

Autre exemple :

あなたは東京に住んでいます。 →  あなたは東京に住んでいます
anata wa Tōkyō ni sunde imasu → anata wa Tōkyō ni sunde imasu ka

« Vous vivez à Tokyo. » → « Vivez-vous à Tokyo ? »

Examinons maintenant certaines caractéristiques propres à la langue japonaise et qui n’ont peut-être aucun équivalent en français.

Le discours formel et informel en japonais :

En français, nous pouvons utiliser certains mots et certaines phrases pour rendre notre discours plus poli envers les autres. Il existe également le tutoiement et le vouvoiement.

Le japonais utilise des structures grammaticales totalement différentes lorsqu’il s’agit d’un discours poli.

Il existe en tout trois niveaux de politesse dans le japonais parlé : informel, formel et honorifique.

Les compteurs japonais :

Le japonais possède une longue liste de compteurs ou de mots utilisés pour compter des éléments spécifiques. 

Le compteur correspondant dépend de l’apparence ou de la composition de l’objet.

Par exemple, il existe différents compteurs pour les feuilles de papier et les bouteilles car ils sont de forme différente. 

Alors que le français possède certains compteurs (exemple « une tranche de pain » ou « une bouteille de vin »), la gamme de compteurs en japonais est beaucoup plus large et beaucoup plus étendue.

Omission du sujet :

En français, nous devons presque toujours énoncer le sujet dans nos phrases : 

« Hier, je suis allé faire du shopping au centre commercial, puis je suis allé chez Starbucks où j’ai pris un café au lait. »

Notez que nous devons indiquer « je » pour chaque action.

En japonais, le sujet est souvent omis dans la phrase quand on comprend qui fait l’action. 

Le fait d’énoncer le sujet à chaque fois rendra votre japonais pas très naturel.

Il vaut mieux énoncer le sujet seulement lorsque cela est absolument nécessaire.