Quand on commence à s’intéresser au Japon, il est difficile de passer à côté des stéréotypes sur les Japonais. Le pays, qu’on découvre généralement en feuilletant des mangas ou en regardant des animes, ne déroge pas à la règle : il souffre lui aussi d’idées préconçues souvent totalement erronées.

Quand on commence à s’intéresser au Japon, il est difficile de passer à côté des stéréotypes sur les Japonais. Le pays, qu’on découvre généralement en feuilletant des mangas ou en regardant des animes, ne déroge pas à la règle : il souffre lui aussi d’idées préconçues souvent totalement erronées. Dans cet article, on va braquer les projecteurs sur cinq clichés largement répandus et tenter de comprendre si, oui ou non, ils sont légitimes !

1 : Les Japonais sont tous propres, soignés et très bien organisés

Voilà probablement un des stéréotypes sur les Japonais le plus répandu. « Les Japonais sont les rois de la propreté. », « Au Japon, toutes les rues sont incroyablement mieux tenues que chez nous. », « On devrait prendre exemple sur ce qui se fait là-bas ! »… Vous avez sûrement déjà entendu ce genre de réflexions, et vous l’avez peut-être même pensé en votre fort intérieur ! Eh bien, sachez que tout ça, c’est vrai… Mais aussi un peu faux

Stéréotypes sur les Japonais

Oui, les rues japonaises sont très propres, et les nippons toujours impeccables. Mais pas tous… Et certainement pas tout le temps ! En vérité, cette tendance à l’ordre, ce penchant pour l’organisation et cette harmonie apparente sont souvent les conséquences directes du mode de fonctionnement de la société japonaise. Pour ne pas troubler l’ordre public et toujours privilégier la paix au sein du groupe (petite habitude acquise dès l’enfance), les Japonais se montrent excessivement respectueux et répugnent à jeter leurs détritus partout… ou à dégrader des biens. D’un autre côté, les espaces publics font régulièrement l’objet d’un entretien et d’un soin tout particulier, bien plus sérieux qu’en France.

Mais (parce que oui, ne l’oubliez pas, il y a un mais !) ce n’est pas pour autant qu’il faut en déduire que tous les habitants sont infaillibles ! Si les nippons sont très soucieux de l’image qu’ils renvoient publiquement, dans la sphère privée, les choses sont bien différentes. Ce n’est pas rare qu’une habitation soit en proie au laisser-aller ! Si vous n’êtes pas convaincu, jetez donc un œil du côté de la célèbre émission télé japonaise  「家、ついて行ってイイですか?」 (Ie, tsuite itte īdesu ka ? [Peut-on vous suivre jusqu’à chez vous ?]), dans laquelle un présentateur demande à une personne lambda de lui ouvrir les portes de sa maison. Bizarrement, tout le monde n’accepte pas… Et ceux qui acceptent nous font parfois découvrir un terrain sens dessus dessous ! 

Enfin, on vous (dé)conseille également d’observer attentivement l’état des quartiers les plus attractifs (Shibuya, Asakusa, Kabukicho) en pleine nuit, avant que le ramassage ne commence… Vous risquez d’avoir quelques surprises ! 

2 : Stéréotypes sur les Japonais : les Japonais sont excessivement polis

Difficile de parler de stéréotypes sur les Japonais sans aborder celui-ci, qui va plus ou moins de pair avec le premier. Encore une fois, c’est une idée qui ne sort pas de nulle part… Mais qu’il faut néanmoins nuancer.

En effet, on ne peut pas prétendre le contraire : les nippons sont polis, c’est une certitude. Ils s’inclinent à des degrés différents selon la gravité de la situation, s’excusent en utilisant des formulations plus ou moins poussées, ils se montrent avenants et n’utilisent pas de « Non ! » secs et francs… Mais dans la réalité, gardez bien à l’esprit que cet état de fait relève d’une habitude, d’un apprentissage, d’un comportement social et acquis plus que d’une réelle tendance innée et naturelle. Comme pour la propreté, la politesse est à lier à la culture japonaise et à sa volonté de toujours s’écraser pour ne pas faire de vagues. Celui ou celle qui s’excuse platement en face de vous cherche souvent plus à ne pas troubler l’équilibre (quels que soient ses sentiments) qu’à se montrer parfaitement honnête. 

Cette culture de la politesse est amplifiée par deux concepts typiquement japonais, le 立前 (tatemae, le masque de façade, qui conditionne l’attitude sociale publique, liste les droits et devoirs de chacun et pousse à toujours privilégier la bonne entente) et le 本音 (honne, les véritables sentiments, les pensées franches, qu’il vaut mieux garder scellées pour éviter les esclandres).

3 : Les Japonaises sont toutes soumises et dociles

Ah, le beau cliché que voilà… Sans doute tout droit venu des mangas, animes et films un peu moins familiaux. Si, historiquement, la femme japonaise a été reléguée au second plan et a souvent été ballotée au gré des envies masculines (la fille était littéralement la propriété de son père, puis de son mari), chassez donc de votre esprit cette idée qu’on ne saurait voir… Parce qu’elle est on ne peut plus fausse !

Oui, la place de la femme au Japon est un peu particulière : moins payées, employées dans des secteurs plus précaires, forcées de quitter l’entreprise après un mariage ou une naissance, les femmes n’ont pas toujours la vie facile.

Mais dans le privé (le mariage, le couple) les femmes sont bien souvent celles qui portent la culotte. Elles peuvent sembler naïves et fluettes (c’est en tout cas l’image qu’elles tentent de renvoyer publiquement) mais la réalité ne correspond pas du tout à ce portrait. Ce sont les femmes qui gèrent le budget familial (il n’est d’ailleurs pas rare que la femme tende une enveloppe à son mari en lui disant « Voilà ce que tu peux dépenser pour toi ce mois-ci, et tu n’auras pas un yen de plus. »), qui prennent les décisions relatives aux enfants (éducation, emploi du temps, …), ce sont elles encore qui se font le plus entendre quand quelque chose ne plaît pas au sein du couple… On est donc bien loin du cliché selon lequel la Japonaise accepte tout et n’ouvre jamais la bouche en signe de contestation !

4 : Stéréotypes sur les japonais : les Japonais ne mangent que du riz et des sushis

Faux, faux et encore faux ! Ce stéréotype est sûrement dû au fait que les produits à base de riz (sushis, makis, california rolls, …) aient été largement exportés et adoptés par le monde entier. La cuisine japonaise est extrêmement riche, au niveau des recettes comme au niveau des ingrédients utilisés. Ramens, okonomiyakis, gyozas, tempuras, yakitoris : tous ces plats sont aussi (voire plus !) populaires que les sushis… Et aucun ne contient de riz. Il serait cependant faux de dire que les Japonais ne consomment pas beaucoup de riz : l’aliment reste un incontournable. Cultivé un peu partout au Pays du Soleil-Levant, quasi systématiquement proposé comme accompagnement au restaurant, consommé parfois dès le matin, le riz a une place à part dans la gastronomie japonaise… Mais il faut bien garder à l’esprit que les nippons savent aussi manger autre chose !

5 : Les Japonais ne tiennent pas l’alcool

Pour conclure, il fallait bien un cliché totalement vrai… Le voilà donc. Oui, les Japonais ne tiennent pas l’alcool. La cause, un peu compliquée quand on souhaite comprendre en détail le phénomène, peut être résumée sommairement (et très grossièrement…) comme suit : pour digérer l’alcool, le foie fait appel à deux enzymes, qu’une grande partie de la population mondiale possède. Ces deux enzymes, qui ont chacune un rôle bien particulier, travaillent ensemble et permettent à l’individu de consommer sans se soucier de se montrer modéré : après tout, l’alcool sera vite traité, digéré et évacué.

Stéréotypes sur les japonais

Voilà, c’est plutôt simple pour nous… Mais pas pour la population asiatique, qui ne possède pas l’enzyme permettant d’absorber rapidement l’alcool et de l’endurer. Chez les Japonais, les effets de l’alcool se font vite sentir, car la substance ne peut pas être traitée aussi facilement que chez nous. Les visages rougissent en un battement de cils (c’est d’ailleurs ce qu’on appelle l’Asian Flush), la vision se brouille, l’équilibre devient instable… et l’estomac fait rapidement sentir que trop, c’est trop !

Vous savez maintenant que cette légende est totalement avérée… Et vous pourrez même expliquer aux plus sceptiques le pourquoi du comment !

Et voilà, notre article consacré aux stéréotypes sur les Japonais s’achève ici ! Les clichés, eux, ont la vie dure, et certains n’ont pas encore été traités… Une prochaine fois peut-être ?